Programmes


AMORE LANGUEO

— Je me languis d’amour

Au début du XVIIème siècle en Italie naît un nouveau langage musical, nommé seconda prattica. La musique doit prolonger la rhétorique et servir la poésie en accentuant ses affects grâce à une palette expressive inédite : dissonances non préparées ou non résolues, enchaînements harmoniques étonnants… Le programme AMORE LANGUEO, “Je me languis d’amour”, mêle airs profanes et motets sacrés, rassemblés autour de ce nouveau langage pour exprimer sensualité, tension du désir et ambivalence de la douleur amoureuse. Alessandro Grandi, Giovanni Rovetta, ou encore le mystérieux Carlo G. rivalisent d’inventivité pour mettre en musique l’urgence émotionnelle de ces mots du Cantique des Cantiques (chapitre II, verset 5). Claudio Monteverdi, Giulio et Francesca Caccini, Barbara Strozzi et Sigismondo d’India dépeignent avec ardeur et poésie la complexité des sentiments.


MASCARADES

Airs et ballets à la cour du jeune Louis XIV

Sous le jeune règne de Louis XIV, Paris est la scène d’un théâtre total où musique, danse et poésie s’unissent dans l’art du ballet de cour. Dans ce décor de fêtes et de déguisements — parenthèse enchantée dans une époque troublée — une voix exquise s’élève : celle du dessus mué, un chanteur dont la voix aiguë, conservée après la mue, incarne toute la délicatesse et l’étrangeté du XVIIème siècle français.

Autour d’elle, la viole de gambe et le théorbe tissent un univers sonore mystérieux. Les airs de Lully, Lambert ou d’Ambruis, nourris par l’esprit précieux de poètes comme Tristan L’Hermite ou Benserade, célèbrent la nuit, l’amour secret et le chatoiement des illusions.

Le ballet de cour, avec ses extravagances, ses costumes bigarrés et ses masques énigmatiques, incarne un théâtre où l’amour se cache derrière les apparences. L’air de cour, tendrement introspectif, révèle l’intimité des sentiments dans la douceur feutrée des salons, tandis que les rythmes de la danse exaltent avec raffinement la fantaisie et la légèreté.

Mascarades ouvre les portes d’un royaume secret où les émotions scintillent entre éclats et murmures, où le son se fait poésie, et la nuit, un voile de songes et de séduction.


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